vendredi 2 mai 2014

En brisant... Paul Houix, L'homme blessé, témoin de la miséricorde

Guidés par l'Évangile
Dans le creuset de la vie monastique, il y a plusieurs valeurs qui permettent au moine d'exprimer son identification progressive au Christ Jésus dans l'obéissance, le silence et l'humilité, par une soumission de plus en plus libre à l'Esprit Saint. Nous allons donc parcourir rapidement quelques-unes de ces valeurs.
S'ouvrir au don de la prière
Comme il a été suggéré plus haut, pour saint Benoît, la prière semble le fruit de tout un labeur préalable. Il ne faut pas oublier cependant que, dès le début de sa Règle, il demande : « Tout d'abord, quand tu entreprends une bonne action, demande-lui [à Dieu] par une très instante prière (instantissima oratione) qu'il la parachève » (Prologue, 4). Mais dans un passage qu'on peut sans doute qualifier de mystique, Benoît nous livre le vrai secret de la prière : « Ce n'est pas par l'abondance des mots, mais par la pureté du cœur et les larmes de la componction qu'on est exaucé, sachons-le » (chap. 20,3). Nous voilà au cœur de la prière : ici Benoît parle de la prière que le moine se sent poussé à faire sous « l'inspiration de la grâce divine » (chap. 20,4). Les mots paraissent ne plus avoir d'importance et encore moins leur abondance ; Benoît met parfaitement en lumière l'aspect fondamental de la prière : celui du don. Le moine qui a lutté parfois durant des années dans le dur combat de la prière se rend compte que la prière lui est enfin donnée ; il lui a fallu une longue purification du cœur pour qu'il soit rendu assez pauvre pour accueillir ce don de la prière. Dans le domaine de la vie spirituelle, le plus difficile à comprendre et à accepter, c'est cet aspect de don alors que l'homme se met spontanément dans l'esprit de la conquête. Tout est grâce en vérité, c'est-à-dire tout est don y compris la conquête ! Prier, ce n'est donc pas conquérir Dieu à la force des mots, mais c'est le recevoir, l'accueillir dans la pauvreté d'un cœur purifié par l'Esprit. Les larmes qui coulent parfois ne sont que l'expression de cette pauvreté enfin consentie et offerte, parce que ces larmes elles-mêmes ne sont pas provoquées par l'homme qui prie, elles sont vraiment un don qu'une oraison antique nous faisait demander. On devine aisément que cette prière pure, selon l'expression de Cassien, est un but auquel personne ne peut parvenir à force d'ascèse ou de mortification ; celles-ci ne sont que des dispositions, d'ailleurs elles-mêmes don de Dieu, pour accueillir le don de la prière.
Une lectio qui devient divina
Le terme de lectio divina a retrouvé une place privilégiée dans le vocabulaire des moines, comme si les deux termes allaient de soi, comme si le moine qui lit faisait une vraie lectio divina. Or l'expérience prouve qu'il n'en est rien et qu'il faut beaucoup de temps pour recevoir ce grand don de la lectio divina ; là encore et sans doute là surtout, il faut vraiment parler de don. En effet, dans la lectio divina, il y a deux éléments à considérer et à respecter.
D'une part, il y a le contenu de la lectio divina : chacun sait qu'on peut lire le journal et faire une vraie lectio car il ne s'agit pas tant de vouloir connaître les dernières nouvelles du monde ou du village que de découvrir Dieu à l'œuvre avec les hommes. Néanmoins la Parole de Dieu a toujours été le « lieu » idéal de la lectio divina, sachant que le moine est invité à découvrir sa propre histoire dans le dessein de Dieu réalisé « dans l'un et l'autre Testament » (Paul Beauchamp).
D'autre part, et cela découle directement de ce que nous venons de dire, il y a la méthode de la lectio divina. En effet, il s'agit d'entrer dans le mystère de notre salut qui s'accomplit aujourd'hui ; cela est d'abord vrai de la liturgie en général et des sacrements en particulier, comme le disait très justement le futur cardinal Daniélou :
La liturgie éclaire la Bible. Elle nous en donne l'interprétation authentique en nous montrant en elle un témoignage rendu aux mirabilia Dei. Bien plus, comme ces actions se continuent dans les sacrements, elles actualisent la parole de Dieu en nous autorisant à l'appliquer aux actions actuelles de Dieu dans l'Église, en vertu de l'analogie des actions de Dieu aux divers plans de l'histoire.1
Entré par son baptême dans cette histoire du salut, le moine peut donc par une vraie lectio divina découvrir son propre mystère du salut et y entrer. Nous savons pourtant combien il est difficile d'effectuer une telle démarche : subissant bien des captivités, traversant bien des déserts, plongeant parfois dans de véritables exils, sommes-nous capables de les vivre comme faisant partie de toute vraie histoire du salut, comme ce fut le cas pour le Peuple de Dieu ? N'est-ce pas ainsi que Jésus lui-même a pu lire sa propre histoire ?
C'est le Christ que l'on reçoit
L'opération évangélique à laquelle nous continuons d'assister aura aussi des conséquences majeures sur notre manière d'entrer en relation avec les autres et, en particulier, avec les hôtes. Le chapitre 53 de la Règle est traversé d'un souffle évangélique quasi dévastateur ! En effet, l'accueil monastique est menacé de perversion, comme le suggère saint Benoît : « Pour les riches, la peur (terror) qu'ils inspirent exige l'honneur » (v. 15). Une telle attitude paraît à Benoît n'avoir rien à voir avec l'accueil évangélique : nous restons à un plan purement humain puisque nous considérons les riches comme des personnages et nous risquons nous-même alors de jouer au personnage. Et voilà la perversion ! Le danger de cet accueil est bien là puisqu'on nous oblige pratiquement à jouer un rôle ! Mais, nous l'avons déjà dit, le moine ne peut jamais tricher avec la vie ni avec les autres (ni avec les objets et les lieux, précise Benoît). L'hôtelier, qui est la personne que les hôtes rencontrent souvent la première, risque bien souvent d'apparaître comme un personnage mystérieux. Benoît semble dire que la rencontre des riches favorise une telle méprise ! Nous savons bien que ce n'est pas si simple car, sous une apparente richesse, peut se cacher une immense pauvreté !
Benoît nous accule cependant une fois de plus à la vérité : « On reçoit les pauvres et les pèlerins avec le plus grand soin et la plus grande attention, car c'est surtout en eux qu'on reçoit le Christ » (v. 15). Nous sommes au cœur du mystère de l'accueil monastique puisque le Christ lui-même est reçu, non dans la richesse, mais dans la pauvreté, non dans la claire vision, mais dans la foi. Cependant, pour qu'un tel accueil par le moine soit possible, il faut que lui-même se considère comme un pauvre qui vit sa foi. Le pauvre et le pèlerin sont accueillis par le moine parce que lui-même est un pauvre et un pèlerin et, à travers cet hôte, il reçoit et contemple le Christ en personne, le Christ qui fut lui aussi pauvre et pèlerin. L'accueil monastique est donc un moment contemplatif si bien décrit par Benoît : « tête inclinée (inclinato capite), ou même prosterné au sol de tout son long (omni corpore) pour adorer en eux le Christ que l'on reçoit » (v. 7). Nous retrouvons encore l'expression tête inclinée, rencontrée déjà dans le chapitre sur l'humilité. Or l'attitude requise par Benoît est ici encore celle de l'humilité devant l'hôte qui arrive ou qui part ; il ne peut donc y avoir aucune attitude de domination ou de supériorité dans l'accueil monastique, puisque ce sont des pauvres qui se rencontrent, découvrant dans cette rencontre même la présence du Christ qui s'est lui-même identifié au pauvre !
La manière dont Benoît décrit l'accueil d'un hôte : la prière — le baiser de paix — les gestes corporels — la lecture de la Loi divine (lex divina) exprime le regard de foi que l'on pose sur lui, ce regard par lequel on découvre, dans ce pauvre, la personne même du Christ. Alors Benoît ose dire que c'est en fait un acte d'adoration (Christus in eis adoretur). N'est-ce pas un appel exigeant à une conversion ? Pour arriver à une telle attitude, ne faut-il pas avoir subi cette opération évangélique dont nous ne cessons de parler ? En effet, seul un homme qui a été profondément transformé par l'Esprit Saint peut porter sur l'autre ce regard d'amour.
L'évangile du travail
Cette expression de Jean-Paul II nous permet de parler de cette part importante de la vie des moines qui leur donne « l'occasion de participer à l'œuvre divine de la création et de la rédemption et de marcher sur les traces du Christ » (Constitutions des moines O.c.s.o., n° 26). Dans son encyclique Laborem exerceras, Jean-Paul II n'a pas hésité à dire que « le travail est un bien de l'homme — il est un bien de son humanité car, par le travail, non seulement l'homme transforme la nature en l'adaptant à ses propres besoins, mais encore il se réalise lui-même comme homme et même, en un certain sens, il devient plus homme » (n° 3).
En général, les monastères ne sont pas menacés par le chômage ; n'est-ce pas alors l'occasion de mieux prendre conscience que le travail est un bien digne, c'est-à-dire qu'« il correspond à la dignité de l'homme » ? (ibid).  Il y a beaucoup de valeurs attachées au travail humain qui sont développées par les nouvelles Constitutions cisterciennes, au n° 26 : il procure le nécessaire ; il manifeste la solidarité des moines avec la foule des travailleurs ; il est l'occasion d'une ascèse profitable, favorisant l'évolution et la maturité personnelle, entretenant la santé du corps et de l'esprit ; et il contribue beaucoup à la cohésion de toute la communauté.
Mais le travail reçoit toute sa richesse surtout du fait que Jésus, le Verbe fait chair, le Fils de Dieu a voulu être un travailleur ; c'est sans doute pourquoi Jean-Paul II a pu parler de l'évangile du travail. Le travail devient donc une bonne nouvelle, puisqu'il nous permet de vivre ce qu'a vécu le Christ et nous permet de participer à l'œuvre divine de la création et de la rédemption. Le travail nous permet d'entrer plus profondément dans la conversion évangélique et de devenir davantage disciple de celui qui était appelé le fils du charpentier (Mc 6,3). Il n'est sans doute pas faux de dire que le travail est un lieu privilégié de révélation de notre moi profond, car c'est l'occasion de vivre de multiples relations. Dans un cadre de travail qui multiplie ces relations, il est difficile de jouer longtemps au personnage ; nous savons bien que les novices se révèlent souvent en vérité dans une ambiance de travail, et c'est alors qu'ils peuvent expérimenter le poids de leur conversion évangélique. Toute la vie monastique apparaît donc comme un appel permanent à cette conversion qui est même l'objet d'un de nos vœux : sans cesse le moine est invité à suivre les traces du Christ.
Ne préférer absolument rien au Christ
Parvenus au terme de ce long et dur chemin d'incarnation, nous comprenons mieux pourquoi Benoît n'hésite pas à plusieurs reprises à demander au moine de « ne rien préférer à l'amour du Christ » (chap. 4,21), de « n'avoir rien de plus cher que le Christ » (chap. 72,11). En effet, le Christ est « le chemin, la vérité et la vie » ; il l'est pour le moine comme pour tout chrétien, mais le moine doit sans cesse se le rappeler. Il doit toujours, à toute heure et en tout lieu (selon les expressions de Benoît), vivre sa relation au Christ comme à celui qui seul le conduit au Père et l'établit dans cet « amour qui, devenu parfait, chasse la crainte » (chap. 7,67). Cela est l'œuvre de l'Esprit, dit saint Benoît, cet Esprit « sans lequel, écrivait saint Augustin, nous ne pouvons pas aimer le Christ ni observer ses commandements »2.
Ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu
Nous arrivons au terme de notre parcours durant lequel nous avons assisté à une opération que nous avons souvent qualifiée d'évangélique car il s'agit bien de laisser toute notre vie s'imprégner, jour après jour, de l'esprit de l'évangile. Engagés par la vie monastique sur ce chemin d'évangile (per ducatum evangelii), nous sommes conduits à faire l'expérience de ce qui semble bien constituer le cœur du message de Jésus : l'homme ne peut « jamais désespérer de la miséricorde de Dieu ». Ce message est bien aussi celui de saint Benoît qui termine sa liste des instruments des bonnes œuvres par cette formule, comme s'il voulait nous dire : même si vous n'avez pas réussi à observer les soixante-treize premiers, il en reste un dernier qui sauve toutes les situations (chap. 4,74).
Le monastère : lieu de la miséricorde
Le monastère est un lieu où l'homme fait l'expérience de sa profonde misère et, en particulier, de la misère de son péché. Nous l'avons déjà dit : face à l'amour fou de Dieu pour lui, l'homme se reconnaît pécheur, car c'est toujours dans la lumière de l'amour que le péché peut vraiment être révélé. Dans une communauté monastique, il n'y a absolument personne qui échappe à cette condition de pécheur, et nous nous rappelons que saint Benoît demande au père Abbé de se souvenir toujours de sa fragilité, car lui aussi peut tomber. Nous sommes là en présence du secret le plus beau mais aussi le plus redoutable d'une communauté monastique : la rencontre de deux frères moines est toujours la rencontre de deux pécheurs. L'Église l'a si bien compris que toute célébration de l'eucharistie commence par l'acte pénitentiel qui, d'une certaine manière, nous met tous au même niveau de cette condition de pécheurs ayant besoin de la miséricorde de Dieu. Benoît lui-même l'avait tellement compris qu'il termine sa Règle par une demande qui trouve beaucoup d'écho dans le cœur des moines : « Ils supporteront avec une extrême patience (patientissime) leurs infirmités physiques ou morales » (chap. 72,5). Nous savons pourtant les exigences de Benoît et son insistance à combattre toute les formes de négligence, mais son expérience lui a appris que l'homme est fragile, faible, il a découvert quelque chose du mystère du cœur humain et c'est pourquoi il n'hésite pas à mettre dans sa Règle quelques préceptes du Décalogue dont la présence dans une règle monastique peut surprendre : « Ne pas tuer ; ne pas commettre l'adultère ; ne pas voler... » (chap. 4,3-6).
Les murs seraient couverts de sang !
Ne pas tuer ! Benoît est terriblement réaliste et il sait que le pire peut se produire même dans une communauté monastique. Rien ne devrait nous surprendre, car tout peut arriver ! Nous sommes ici devant un autre interdit qu'il faut absolument respecter pour que la communication soit possible : l'interdit de tuer. Sans aller jusqu'au meurtre (mais l'histoire monastique montre que des meurtres ont eu lieu dans des communautés), nous savons bien la puissance de notre agressivité qui nous pousserait parfois à vouloir nous débarrasser de tel frère. Il y a des gestes, des paroles ou des regards qui portent en eux des semences de mort ; il y aussi des manières d'éviter tel frère qui constitue une sorte de meurtre, car ce frère ne semble plus exister pour nous ! Il faut cependant préciser que le bon sens ou la simple psychologie nous donnent le droit parfois de mettre une certaine distance entre nous et tel frère, au moins pour un temps ; en effet, certaines relations deviennent vraiment impossibles et il ne servirait à rien de vouloir à tout prix les rétablir. Rappelions-nous que Paul et Barnabé ont fini par se séparer : « Leur désaccord s'aggrava tellement qu'ils partirent chacun de leur côté » (Ac 15,39).
Cependant les murs de nos monastères ne sont pas couverts de sang, mais ils le seraient sans doute parfois s'il n'y avait pas ce qui constitue l'expérience fondamentale de l'Évangile : le pardon ! Le meilleur test qui permet de dire que nous avons subi avec succès l'opération évangélique dont nous parlons est notre capacité à vivre le pardon : oser demander le pardon à un frère que nous avons offensé et accorder le pardon à un frère qui nous le demande. Alors la communauté devient en vérité, selon la belle expression de Jean Vanier, le lieu du pardon et de la fête.
Un pardon au goût de paradis
Un homme meurt sur une croix. Il est l'innocent, comme le déclare un des malfaiteurs crucifiés avec lui : « Pour nous, c'est juste ; nous recevons ce que nos actes ont mérité ; mais lui n'a rien fait de mal » (Lc 23,41). Cependant les chefs religieux et les soldats se moquent de lui ; l'humiliation est à son comble. Quand on se moque de nous, divers sentiments peuvent nous habiter : soit le désir de la vengeance, soit l'angoisse d'être rejeté, soit même un certain désir de disparaître et de mourir. Jésus, en qui se révèle pleinement le Père, Jésus qui est l'image parfaite de Dieu nous montre le cœur de ce Dieu en prononçant la parole qui déchire l'histoire et sauve le monde, la parole du pardon : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23,34). À cet instant, du haut de sa croix de condamné rejeté, moqué, humilié, Jésus devient pour tout homme la source d'une espérance indestructible. Le pardon a tellement goût de paradis qu'un des malfaiteurs peut s'entendre dire : « En vérité, je te le dis, aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23,43). Lorsque deux frères se pardonnent en vérité, ils expérimentent quelque chose de la joie du ciel !
Benoît, chercheur de l'homme
L'homme que Benoît cherchait est celui que Dieu a trouvé et sauvé, car un Dieu qui est Père ne désespère jamais de l'homme. Dans un texte d'une éclatante beauté, saint Bernard a su magistralement exprimer cette vérité qui est le cœur de l'Évangile :
Nous avons fait voir qu'il n'est point d'âme, quoique chargée de péchés, engagée dans les vices, charmée par les attraits de la volupté, captive de son bannissement, enfermée dans la prison de son corps, enfoncée dans la boue, plongée dans la fange, attachée à ses membres, percée d'inquiétudes, accablée d'affaires, saisie de crainte, affligée de douleurs, emportée par les erreurs, rongée d'ennuis, inquiétée de soupçons, en un mot, étrangère dans les terres de ses ennemis, selon le langage du Prophète, souillée avec les morts, réputée du nombre de ceux qui sont dans les enfers ; nous avons fait voir, dis-je, qu'il n'est point d'âme damnée et désespérée, jusqu'à ce point, qu'elle ne puisse reconnaître en elle-même, non seulement d'où elle peut respirer dans l'espérance du pardon et de la miséricorde, mais encore d'où elle ose aspirer aux Noces célestes du Verbe.3

Paul Houix, in La brisure du cœur
(DDB 1995)

1. Jean DANIÉLOU, « Sacrements et histoire du salut », dans Parole de Dieu et liturgie (Lex orandi, 25), Paris, Cerf, 1958, p. 69.
2. Traité sur l'évangile de saint Jean, 74,2.
3. Sermon 83 sur le Cantique des Cantiques, n°1. On peut rapprocher de ce beau texte de saint Bernard la parole de Louis Massignon : « Il y aura à la fin dans la sauvagerie du primitif, je dirais, le plus capable de crimes, il y a un "point vierge" que Dieu seul connaît, et qui nous jugera tous ».